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[30|08|04]
L'Avenir de la Culture dans le Monde Non-Hégémonique
*Lisez l'exposé complet du Secrétaire Municipal de la Culture de São Paulo, Celso Frateschi.
“Le sujet du jour est extrêmement incitant, intéressant, d'ailleurs, si nous analysons la conjoncture actuelle et de même la struture dans laquelle les choses se meuvent dans le monde contemporain nous appercevons qu'elle bouge et qui est determinée justement par une relation à laquelle l'hégémonie joue un rôle prépondérant.
Nous vivons dans un monde où les règles sont établies d'une façon verticale, où les choses se meuvent à partir de règles, de modèles et de paradigmes établis par des groupes déterminés, détermineés nations qui exercent, en vrai, une hégémonie déterminante dans le monde contemporain.
Penser, donc, à l'avenir de la culture d'un monde non-hégémonique appelle un exercice d'imagination. Le fait de réfléchir à propos du monde non-hégémonique lui donne déjà, de certaine façon, son existence, bien que pas concrètement. Il est vrai que les relations établies dans le monde contemporain engendent un conflit, une dialectique, aussi très intéressante, dans laquelle les dinamiques culturelles n'ayant pas d'espace pour se manifester cherchent cet espace et questionnent cette hégémonie.
Cette préoccupation-là, qui pousse le propre Forum Culturel Mondial de São Paulo, est la même qui pousse le forum d'autorités locales lequel a formalisé l'Agenda 21 et dont je prendrai une partie de mon temps pour lire au moins les principes. Il est évident que cela stimule une réaction en groupes aujourd'hui complètement confinés à la périphérie du monde et aux périphéries des périphéries du monde. Cette hégémonie qui domine aujourd'hui le monde contemporain fait que des dinamiques extrêmement intéressantes ne laissent point d'exister. Elles existent et s'affirment chaque jour. Les actions que nous observons dans les périphéries des grandes villes, pas seulement les cultures traditionelles qui perdent leurs caracteristiques, leurs particularités, mais aussi la culture contemporaine, cessent de se mouvoir à partir de cette pression hégémonique, qui, nous savons bien, a une motivation de marché, d'imposition de produits tant culturels que non-culturels, de modes de vie, de coexistence, de s'habiller, de manger, du plus particulier au plus général. Pour mieux dire, il existe cette imposition.
On ne peut pas tout simplement penser de rompre cette hégémonie ou le concept d'hégémonie lui-même. En vrai, il y a un mouviment, spécialement au cas très particulier du Brésil, d'un pendule, où cette hégémonie se déplace d'un côté à l'autre, sans grands changements significatifs à la base du problème. Si nous faisons une coupe sur le domaine culturel et analysons la deuxième moitié du dernier siècle, nous observons ce pendule oscilant entre l'étatisme autoritaire et le néoliberalisme radical, auquel l'hégémonie des actions culturelles passe des mains de l'Etat à celles des sociétés et du nommé Troisième Secteur.
Nous voyons que l'on ne réussit à rien transformer radicalement à la base de la pyramide, à la base du problème. Voilà un peu de cette discussion très importante ici au Brésil et ici à São Paulo, le pendule entre Etat et Entreprise, entre étatisme et libéralisme, c'est-à-dire, il s'agit d'une question tout à fait surmontée, pourtant, il est très difficile que cet avance puisse créer un autre paradigme Peut-être la maîtrise de cette hégémonie ou de ce monde non-hégémonique passe par la création de nouveaux paradigmes, par d'autres hégémonies, jusqu'au moment où nous aboutissons à un monde non-hégémonique, ou, en ce cas-là, à la création des espaces publics de dialogue, comme a été à-peu-près l'expérience proprement dite de ce Forum, auquel la société civile et les pouvoirs publics se sont assis pour créer une autre dimension d'organisation qui a contribué et qui a permis sa réalisation, ou pour une expérience peut-être plus radicale selon ce que nos propose Ranner Muller, en créant simplement des îles de désordre dans cette mèr de marasme capitaliste, partout où il est possible de les avoir, ou peut-être les deux choses. À présent beaucoup de gens sont en train de réfléxir à cette question culturelle, à cette question de l'hégémonie.
Plusieurs forums se forment au monde tout entier en ce moment; nous vivons un moment d'accumulation d'informations, de discussion au domaine de la culture. Ce forum est un pas de plus vers cette accumulation, mais d'autres extrêmement importants ont eu lieu: le Forum Social Mondial, le Forum d'Autorités Locales et le Forum de Barcelonne.
C'est important qu'il existe de plus en plus les espaces de discussion pour que nous puissions avoir une accumulation sufissante pour y avancer. Pendant l'un de ces processus, il y en a eu un, un peu plus organisé, celui du Forum d'Autorités Locales qui a réuni une quantité significative de mairies et de gouvernements locaux et qui a proposé un document s'agisant d'un agenda de discussion pour l'humanité. L'idée de ces autorités-là est de mettre la culture en premier plan de la discussion, comme ce que l'on a proposé, à la dernière décennie, pour le débat de l'écologie.
Je prends mon temps pour lire et consacrer ici au moins les principes de l'Agenda 21 de la Culture: Un Compromis des Villes et des Gouvernements Locaux avec le Développement Culturel. Les principes sont :
• La diversité culturelle est le principal patrimoine de l'humanité. Elle est le résultat de milliards d'années d'histoire, le fruit de la contribuition collective de tous les peuples à travers leurs langues, leurs imaginaires, leurs technologies, leurs pratiques et créations. La culture adopte diverses formes qui répondent toujours à des modèles dinamiques de rapport entre sociétés et territoires. La diversité culturelle contribue à l'existence intelectuelle affective, morale et espirituelle, satisfaisante à la Déclaration Universelle de l'Unesco sur la Diversité Culturelle, article 3, et laquelle constitue l'un des éléments essenciels de transformation de la realité urbaine et sociale.
• Il y a des analogies politiques évidentes entre les questions culturelles et écologiques: tant la culture que l'environment sont des biens communs de l'humanité; la préoccupation écologique naît de la constatation d'un modèle de développement économique excessivement prédateur des ressources naturelles et des biens communs de l'humanité. Rio de Janeiro, 1992 , Alborgue, 1994, Johanesbourg, 2002 ont constitué les principaux traits d'un processus qui essaie de répondre à l'un des défis les plus importants de l'humanité: la soutenance écologique. La situation actuelle montre des évidences suffissantes du contexte de danger où se trouve la diversité culturelle dans le monde dû à la mondialisation standardisée et excludente. L'Unesco affirme: “Source d'échanges, d'innovation et de créativité, la diversité culturelle est pour le genre humain aussi nécessaire que la diversité biolologique l'est pour la nature” (d'un extrait de la Déclaration Universelle de l'Unesco sur la Diversité Culturelle, article 1).
• Les gouvernements locaux avouent que les droits culturels font partie indissociables des droits humains et ont comme référence de base la Déclaration des Droits Humains de 1948, le Pacte International Rélatif des Droits Economiques et Sociaux Culturels de 1966 et la Déclaration Universelle de l'Unesco sur la Diversité Culturelle de 2001. En ce sens, on ratifie que la liberté culturelle des individus et des communautés est la condition essencielle de la démocratie; aucune personne ne peut invoquer la diversité culturelle pour attenter aux droits humains assurés par le droit international ni pour limiter sa portée.
• Les gouvernements locaux se constituent comme des agents mondiaux de premier ordre autant que defenseurs et promoteurs de l'avance des droits humains. En outre, ils sont les porte-paroles de la citoyenneté mondiale et se manifestent en faveur de systèmes et instituitions internationaux démocratiques. Les gouvernements locaux travaillent en réseau en partagéant des pratiques, des expériences et en coordonnant leurs actions.
• Le développement culturel s'appuie sur la multiplicité des agents sociaux. Les principes d'un bon gouvernement incluent la transparence des informations et la participation citoyenne à la conception des politiques culturelles, aux processus de prise de décisions et à l'évaluation de programmes et de projets.
• L'indispensable besoin de créer les conditions pour la paix doit marcher à côté des stratégies de développement culturel. La guerre, le terrorisme, l'opression et la discrimination sont les expressions de l'intolérance qui doivent être condenées et éradiquées;
• Les villes et les espaces locaux sont des endroits privilegiés pour l'élaboration culturelle en évolution constante, lesquels constituent le centre de la diversité créative, d'où la perspective de la jonction de tout ce qui est différent et distint, tels que: provenances, avis, âges, genres, étnies et couches sociales, rend possible le développement humain tout entier. Le rapport entre identité et diversité, individu et collectivité, se révèle comme un outil nécessaire pour garantir tant la citoyenneté culturelle planétaire que la survie de la diversité linguistique et le développement des cultures.
• La coexistence sociale en ville implique un accord de responsabilité conjointe avec la citoyennété, la société civile et les gouvernements locaux. L'aménagement juridique est fondamental, mais il ne peut pas être la seule façon de regulation de la coexistence en ville. Selon la Déclaration Universelle des Droits Humains, article 29, l'individu a de devoirs auprès de la communauté, hors de laquelle il n'est pas possible le libre et plein développement de sa personnalité.
• Le patrimoine culturel tangible et intangible est le témoin de la créativité humaine et de l'essence de l'identité des peuples. La vie culturelle contient simultanément la richesse de pouvoir apprécier et accumuler de traditions des peuples, en permettant la création et l'innovation des leurs formes. Cette caractéristique rejette toute modalité d'imposition de modèles culturels rigides.
• Le renforcement des cultures, ainsi que l'ensemble des politiques qui ont été mises en pratique à fin de les reconnaître et de les valider, constitue un facteur essenciel au développement soutenable des villes et territoires, au niveau humain, économique, politique et social. Le caractère central des politiques publiques de culture est une exigence des sociétés du monde contemporain. La qualité du développement local demande l'élan des politiques culturelles et des autres politiques aussi, c'est-à-dire sociales, économiques, éducatives, ambientales et urbanistiques.
• Les politiques culturelles doivent trouver un point d'équilibre entre l'intérêt public et privé, vocation publique et institucionalisation de la culture. Une excessive institucionalisation ou excessive prévalence du marché comme le seul distributeur de ressources culturelles implique des risques et rélève des obstacles au développement dinamique des systemes culturels. L'initiative autonome des citoyens, individuellement ou réunis en des associations ou par les mouvements sociaux, c'est la base de la liberté culturelle;
• L'adéquate valorisation économique de la création et de la diffusion des biens culturels, de caractère amateur ou profissionnel, artisanal, industriel, individuel et colectif, au monde contemporain, constitue un facteur déterminant d'émancipation, de garantie de la diversité et, donc, de la conquête du droit démocratique des peuples à affirmer leurs identités dans les relations interculturelles. Selon la Déclaration Universelle d'Unesco à propos de la Diversité Culturelle, article 8, les biens et les services culturels, à la mesure qu'ils portent en eux l'identité, les valeurs et un sens, ils ne doivent pas être considerés des marchandises ou des biens de consommation comme les autres; il faut renforcer l'importance de la culture comme un facteur de production de richesse et de développement économique.
• L'accès à l'univers culturel et symbolique en tous mouvements de la vie, depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse, constitue un élément fondamental de formation de la sensibilité, de l'expressivité, de la coexistence sociale et de la construction de la citoyenneté. L'identité culturelle de tout individu est dinamique.
• L'appropriation de l'information et sa transformation en connaissance de la part des citoyens est un acte culturel, alors, l'accès sans distinction aux moyens d'expression, technologiques et de communication et la constituition de réseaux horizontaux fortifient et nourrissent la dinamique des cultures locales et enrichissent l'acquis colectif d'une société basée sur les connaissances.
• Le travail est l'un des principaux domaines de la créativité humaine. Sa dimension culturelle doit être reconnue et développée. L'organisation du travail et l'implication des entreprises en ville ou au territoire doivent respecter cette dimension comme l'un des éléments fondamentaux à la dignité humaine et au développement soustentable.
• Les espaces publiques sont des biens collectifs qui appartiennent à tous les citoyens. Aucun individu ni groupe peut être privé d'une libre utilisation de ces endroits en respectant les normes adoptées par chaque ville.
En lisant ces principes de l'Agenda 21, mon intention est de les faire toujours répercuter, basé sur un poème d'un poète juif, Yohuda Amishai, dont je lis maintenant. Le titre du poème est: Le rayon de la bombe était ....
Le rayon de la bombe était de 30 centimètres et le rayon de sa portée effective, 7 mètres, contenant 4 morts et 11 blessés et, autour d'eux, dans un cercle plus grand, de douleur et temps, on trouve répandus deux hôpitaux et un cimetière. Mais la jeune fille enterrée au lieu d'où elle était venue, à quelques cent quilomètres d'ici, augmente bien le cercle,
et l'homme solitaire en pleurant cette mort à la province d'une terre de la Méditerranée inclue dans le cercle le monde entier, et on va émettre le lamenter des orgues qui touche le trône de Dieu et va au-delà et étend le cercle au sans-fin et au sans-Dieu.
J'ai lu ce poème en croyant que, ainsi qu'il a été le rayon de la bombe, qu'il soit aussi le rayon de l'idée, le rayon de la confrntation, du débat, ...”
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