Logo do projeto


Léonor de Récondo,
le 8 octobre 2025 à Paris.

Ce n’est pas simple de se présenter comme ça en une page ou deux. Pour commencer par le début, je dirais que je suis née à Paris en 1976. Que cet étélà fût très chaud, c’est, en tous cas, ce que m’a toujours dit ma mère. Au milieu du mois d’août, la chaleur était suffocante.


De l’appartement où elle vivait à l’hôpital, il n’y avait que quelques rues. Elle y est allée à pied, accompagnée de mon père, en s’asseyant régulièrement sur des bancs publics. Une fois arrivée à l’hôpital, tout est allé très vite. Elle a accouché quelques heures après, c’était simple et heureux. Cette histoire, qu’elle me racontait, à forger une certitude en moi : l’accouchement était un moment « simple et heureux ». Quand j’ai accouché de mon fils, j’ai compris que ça pouvait être tout l’inverse. J’ai donc un enfant, Hector, qui a 19 ans aujourd’hui.


S’il faut se présenter avec, en ligne de mire, le corps. Je peux affirmer que le mien a grandi autour d’un instrument.


J’ai commencé à jouer du violon à l’âge de 5 ans. Je n’ai quasiment aucun souvenir précédant mon apprentissage de cet instrument. Et je sais que toute ma vie est/ sera, d’une manière ou d’une autre, marquée, voire déterminée, par le fait de jouer du violon, même si un jour je devais arrêter de jouer. Mon cerveau et mon corps se sont transformés lors de ces années de discipline quotidienne, un peu comme les danseurs. Les premières années, on nous parle surtout des mains et des bras pour appréhender l’instrument, exclusivement du haut du corps, comme si les violonistes ne faisaient pas usage leurs jambes ni de leur respiration. Et puis, au fil des années, on comprend que c’est le corps entier qui se met en mouvement pour jouer. Que c’est un ensemble !


Je suis devenue violoniste professionnelle. J’ai fait mes études à Paris, puis à Boston (USA) et je me suis ensuite spécialisée en musique ancienne à La Haye (Pays-Bas). Je suis entrée dans la vie active et j’ai enchaîné les concerts. C’est une vie à la fois formidable et très exigeante. J’ai énormément voyagé. Et je me suis forgé des amitiés très sincères.


Et puis, l’envie d’écrire est venue. Il m’est difficile de savoir exactement pourquoi. J’ai toujours aimé lire, mais est-ce assez pour passer du côté de l’écriture ? Quoi qu’il en soit, la solitude qu’impose l’écriture et le champ libre de la création m’ont semblé tout à coup nécessaires pour avancer dans ma vie. Pour mieux comprendre ce qui m’entoure. J’ai publié un premier roman en 2010, et depuis, une dizaine de livres. La question du corps et de l’identité les traverse tous. Pourquoi ? Je ne le sais pas.


Aujourd’hui, j’alterne entre les concerts et l’écriture.


Après 40 ans de violon, de cette discipline du doute et de l’exigence, de la joie aussi éprouvée lors des concerts, de ces instants hors du temps, ont surgi des questions récurrentes :

Comment faire pour que l’émotion soit portée par le corps sans être entravée par lui ? Comment rendre un geste fluide ? Comment construire une pensée et une émotion autour d’un geste ?

Écrire, c’est tenter de répondre à ces questions. Écrire, c’est toujours un geste. Mes bras, mes mains, mes membres et organes, mon corps tout entier, joue, écrit, ressent et pense. Le corps est le lieu de toutes les expériences. Et il faut l’aimer pourça.


Aujourd’hui, je vis à Paris. Je passe le plus de temps possible dans le sud-ouest de la France, dans un tout petit village, où je peux fermer la porte à la frénésie de la capitale. Et respirer !


Utilizamos cookies essenciais para personalizar e aprimorar sua experiência neste site. Ao continuar navegando você concorda com estas condições, detalhadas na nossa Política de Cookies de acordo com a nossa Política de Privacidade.